Carnet public

Le blog de Pierrick Prévert

Archive for mars, 2010

Nous étions quelques membres de Cap21 Paris à participer aujourd’hui encore, sous la pluie, à la manifestation contre la vidéosurveillance organisée par le Collectif Démocratie et Libertés sur le parvis de l’Hôtel de ville.

De nombreux « tracts photo » étaient distribués : « Nous sommes tous des pompiers catalans ». Une référence ironique et acerbe à ces pompiers en vacances dont les photos ont été diffusées dans tous les journaux parce qu’ils avaient été identifiés à tort, par l’utilisation « d’un logiciel de vidéosurveillance intelligent » (sic), comme des membres de l’ETA. Cet épisode pourrait être drôle s’il ne montrait pas que le monde qui est en train de se construire n’est pas sans rappeler, dans ses conséquences, le film Brazil de Terry Gilliam. Nous y arrivons, lentement, et nous assisterons donc de plus en plus aux erreurs, aux discriminations et à l’échec d’une gestion déshumanisée de la sécurité1.

Etaient aussi présents à cette manifestation des élus et militants Verts, quelques militants du Front de Gauche mais aussi des associatifs et des citoyens. Malheureusement nous étions moins nombreux qu’à la précédente : la campagne pour les élections régionales étant finie, les médias absents, la démobilisation s’installe.

J’étais d’autant plus heureux d’y participer.

Notes :
  1. Pour mémoire, le communiqué de presse rédigé pour CAP21 Paris []
Actualité , Manifestations

Corinne Lepage a annoncé ce jour son départ du MoDem. Cette nouvelle est étrange. Non pas qu’elle serait surprenante mais en ce qu’elle fait ressentir. Je n’arrive pas à me souvenir du nombre de fois où je lui ai dit qu’il fallait en partir. Un peu trop, certainement. Mais alors, d’une certaine manière, et bien que concédant avoir eu des bâtons dans les roues, des coups bas et une marge de manœuvre inexistante, elle continuait de penser qu’il était possible de changer les choses de l’intérieur, qu’elle avait le devoir de continuer à essayer de porter cet espoir qu’elle voyait s’amoindrir, jour après jour. Peine perdue.

Ce départ était donc patent et laissait d’ailleurs largement le temps au 133bis d’organiser la « riposte ». Rien de bien surprenant malheureusement. Une riposte désormais classique, qui consiste à tenter de décrédibiliser celui ou celle qui s’en va pour minimiser l’impact de son départ et de sa contribution. Cela permet d’une part de mettre les échecs en sourdine et, d’autre part, de créer une cohésion de groupe. En d’autres temps les chasses aux sorcières avaient aussi cet effet.
Ainsi, « on»  avait notamment accusé Quitterie Delmas de partir pour rejoindre Désirs d’Avenir, parce qu’elle n’avait pas eu telle ou telle place. Mensonges, mais peu importait, il s’agissait de faire passer le départ pour une désertion plutôt que pour un échec. « On »  avait aussi accusé tous les autres d’aller à la soupe, et j’en ai fait les frais. Car oui, cette stratégie détestable est une pratique courante : tous ceux qui sont venus au MoDem avec l’espoir de voir cette « politique autrement » et en sont reparti déçus – plusieurs dizaines de milliers, rappelons-le – y ont eu droit.

Jean-Marie Vanlerenberghe a donc lancé les hostilités, suivi de très près par Jacqueline Gourault, ensuite par ceux qui prétendent à devenir porte-flingue de l’appareil et finalement par des militants qui, pris de déception ou de colère suite aux résultats catastrophiques des élections régionales, dirigent leurs sentiments contre la mauvaise cible. Le message qu’ils portent est : tous les CAP21 proches de Corinne devraient partir et elle devrait abandonner son mandat d’eurodéputée, comme il s’agirait d’un mandat « MoDem ».

Alors, deux choses. Premièrement le départ de CAP21 ne s’effectuera pas sur une simple demande, mais sur un vote des adhérents de CAP21 réunis en congrès. Elémentaire nécessaire démocratique, qui aura lieu et pour lequel je voterai sans hésiter « Oui ». Deuxièmement un mandat, des voix, n’appartiennent pas à un parti, sinon les élections se feraient sur la seule « étiquette », pas sur des personnes. Il est donc malvenu de dire que « ce mandat appartient au MoDem ».
Supposons cependant, for the sake of argument, que l’argument institutionnel ne tient pas. Alors ce serait faire bien peu de cas des élus qui sont arrivés au MoDem avec leur mandat. Ceux-ci ont été accueillis à bras ouverts et étaient chaudement applaudis en meeting. De plus, ne l’oublions pas, ce n’est pas la première élue à partir. Alors, dans ces circonstances, pourquoi lui demande-t-on à elle et pas aux autres ?

Nul besoin de chercher de réponse à cette question, comme il ne s’agit que d’une manœuvre de riposte. Une manœuvre bien commode, qui va permettre d’éviter une fois de plus de se poser la seule question qui devrait pourtant intéresser tous les adhérents du MoDem : comment un parti qui a pu susciter autant d’attrait se retrouve à ce point boudé par les français. Comment ? Ensuite, une fois le problème identifié, est-ce possible de le corriger ? Pour ma part, je ne le pense pas. Mais tant que cette autocritique n’aura pas lieu le MoDem continuera de sombrer. De mémoire d’ancien membre fondateur, Corinne a toujours tenu ce discours, dès les premiers dysfonctionnements et de plus en plus fort jusqu’à cette rupture, cet inévitable ras-le-bol.

En attendant, et croyez-le ou non, je rejoins un bon nombre d’amis en me disant que c’est dommage. Après tout, une séparation après tant de moments partagés l’est toujours. Evidemment, la création d’un arc écolo-démocrate avec le MoDem aurait vraiment eu de la gueule, si seulement telle avait été la volonté de François Bayrou. Mais là n’est pas le plus triste. Le plus triste est, je le pense sincèrement, pour mes amis et les talents qui s’y perdent encore.

Photo flickr, CC-by-nc-sa *cedro*

Actualité

Ainsi, ce score est celui de l’écologie politique en Île-de-France au premier tour des élections régionales. 12,18 % au niveau national. Un score qui était encore inimaginable il y a encore un an. Un score qui montre la volonté des électeurs d’une alternative au simplissime productivisme, pourtant encore défendu par les deux premières forces du pays. Mais c’est aussi un score qui imprime durablement la marque de l’écologie politique en tant que troisième force politique du pays.

Cette campagne de premier tour aura été longue, fatigante et dure. Le message politique relayé s’est résumé aux petites phrases, à la photo de Valérie Pécresse assoupie en Conseil régional et à ce que l’on appelle désormais « l’affaire Ali Soumaré ». Dur dans ce contexte de faire entendre un programme structuré, cohérent mais plus que jamais nécessaire pour amorcer la conversion écologique de la région. Au milieu de tout cela, cette campagne aura aussi montré la chute lourde, mais attendue et d’une certaine façon assez triste, d’un Mouvement Démocrate incohérent qui, en suivant une stratégie désastreuse dictée par un seul homme, s’est éloigné des français.

J’ai fait campagne avec beaucoup de bonheur et d’enthousiasme auprès de mes colistiers Robert Lion, Emma Cosse, Augustin Legrand, Laure Lechatellier… Un atelage improbable et pourtant Ô combien cohérent, qui a à cœur de créer une réelle prise de conscience régionale, une unité francilienne porteuse d’une réelle solidarité entre les territoires, avec notamment avec la tarification unique pour les transports, le tout dans une région dont la conversion écologique va être amorcée, avec 20 % d’agriculture biologique d’ici 2020, la réhabilitation de l’isolation thermique et phonique de 200 000 logements, le fait que la région ne travaillera plus avec des banques qui ont des filiales dans les paradis fiscaux…

Toutes ces raisons m’amènent à remercier l’ensemble des électeurs qui ont voté au premier tour pour la liste Europe-Ecologie en Ile-de-France sur laquelle j’étais candidat. Le ministère de l’intérieur indique que cela représente 479047 merci. Ca fait beaucoup, mais il va falloir s’y faire : après la création d’un véritable arc écolo-démocrate que j’appelle de mes vœux, ce sera encore plus.

Actualité

Lundi 8 mars dernier j’accompagnais Corinne Lepage à Strasbourg, pour visiter à la fois le Parlement européen à Strasbourg et assister au meeting d’Europe-Ecologie Alsace. Dans le TGV, l’ambiance était studieuse, à finaliser le discours du soir et préparer la plénière de la semaine. Avec Corinne, Eric et François nous étions aussi accompagnés d’un photographe, Antoine Doyen, et d’une camerawoman, Maxence, pour couvrir une journée d’activité parlementaire.

Arrivés à Strasbourg, nous avons à peine eu le temps de déposer nos affaires à l’hôtel que nous nous sommes dirigés au Parlement où une réunion du groupe ALDE allait avoir lieu, préalablement à un vote en plénière. Premières impressions : le Parlement européen est un lieu vraiment spécial, entre hall d’aéroport et administration, sans cesse bouillonnant, où de bureau en bureau l’on entend l’ensemble des langues européennes – avec, bien évidemment, la langue anglaise dominante.

A peine Corinne sortie du vote, François et Florent, ses assistants, ont déroulé son agenda et calé les derniers éléments avec elle pour la semaine à venir. Au détour d’un couloir nous avons croisés les membres des Greens et aussi Jérémie, porte-parole de La Quadrature du Net, avec qui nous avons organisé la signature de la déclaration écrite, initiée par Françoise Castex, Alexander Alvaro, Stavros Lambrinidis et Zuzana Roithová, de demande de transparence sur l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement).

Après un après-midi à aller de bureaux en bureaux et marcher dans les couloirs, nous avons rejoint Jacques Fernique, Daniel Cohn-Bendit, Antoine Waechter, Sandrine Bélier et alii à la conférence de presse préalable au meeting Europe-Ecologie Alsace, qui se tenait au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg. La conférence de presse s’est déroulée sans accroc et c’est à la fin de celle-ci, dans la bousculade avec les journalistes, que Dany a interpelé Corinne devant les caméras et micros, pour échanger sur sa position et l’importance d’être avant tout loyale à ses idées. Une image significative, aux implications profondes, qui a été largement reprise dans les médias.

Le meeting a été un des plus beaux meetings auquel il m’a été donné d’assister et pourtant, j’en ai vu quelques uns. Avec un a priori négatif, la salle étant somme toute assez froide, vaste, avec des ilôts de sièges bien séparés et chaque personne assez éloignée de son voisin bien installée dans de gros sièges confortables. Aussi, le déroulé était au début assez balbutiant. Mais, loin des grandes messes traditionnelles à l’euphorie fabriquée, au final ce meeting aura été émouvant et hautement symbolique, en ce qu’il rassemblait en un même lieu les « fondateurs » de l’écologie politique en France : Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage et Antoine Waechter.

L’intervention de Corinne a d’ailleurs été admirable, un discours millimétré, très applaudi. Aussi, quand José Bové a lancé les applaudissements pour Corinne et l’a interpellée à sa descente de la tribune pour lui dire « très bien ton discours », il n’y avait plus aucun doute : à Strasbourg, ce soir, il se passait vraiment quelque chose.

A peine le temps de dîner, dormir un peu et le lendemain matin Corinne recevait un groupe d’étudiants pour leur présenter les activités du Parlement. Après un point photo sous les drapeaux du Parlement, les étudiants l’ont interrogé sur des sujets aussi variés que le traité de Lisbonne, le rôle joué par le Parlement européen à Copenhague, l’absentéisme des parlementaires, mais aussi sur le vote du matin et le côté « auberge espagnole » du Parlement.

Tout de suite après, nous nous sommes rendus à une conférence de presse à laquelle participait Corinne, en présence notamment de Michèle Rivasi, pour un appel à la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion déplorable, par l’Union européenne, de la grippe H1N1. Avant la fin de la conférence de presse, Corinne a dû s’absenter pour courir voter en hémicycle.

Une fois le vote effectué, nous avons finalement déjeuné et fini par un court debrief de ces 24h sans réel repos au Parlement, avant de rentrer sur Paris afin de continuer, pour ma part, la campagne pour les régionales.


Photos : Antoine Doyen

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