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Le blog de Pierrick Prévert

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À lire sur le site d’Anticor, le billet intitulé « Anticor s’adresse aux parlementaires ». Les députés ont tous reçu dans leur casier une enveloppe papier kraft demi-format, véritable symbole de la corruption, contenant un courrier les rappelant à leur responsabilité.

Extrait de l’article :

Pierrick Prévert, militant Anticor : « C’est un appel à la responsabilité. Nous assistons simultanément à l’affaiblissement des moyens de contrôle et à une augmentation des affaires. Ceci a pour effet une défiance légitime des citoyens envers les politiques, le fameux « tous pourris ». Les parlementaires doivent réagir. »

Actualité

Qu’il est doux de partir en week-end et, à peine le pied posé de nouveau à domicile, de lire une dépêche annonçant la démission de deux ministres. Cela donnerait presque envie de partir plus longtemps pour voir si le gouvernement aurait entièrement changé au retour. La question est posée : ce gouvernement tiendra-t-il et, si oui, combien de temps ? Il ne s’agit pas de se réjouir de ce délitement, toute perte de légitimité de l’État étant dangereuse, mais bel et bien de sonner la fin de la récré pour rassembler les citoyens autour d’une nouvelle définition de la chose publique.

À ce sujet, je m’interrogeais encore récemment sur l’événement déclencheur qui mettrait le gouvernement face à ses mensonges. Il apparaît aujourd’hui que cet événement peut venir du gouvernement lui-même. Car c’est en annonçant vouloir être le héraut d’une République irréprochable et rigoureuse que le gouvernement a mis en exergue ses propres turpitudes. Maintenant que cette ligne de clivage délétère est tracée entre l’État qui se permet et les citoyens qui doivent faire, le risque existe qu’elle soit durable. Alors, rassembler à nouveau les citoyens nécessitera des mesures exceptionnelles et des comportements irréprochables auxquels la présidence Sarkozy ne nous a pas franchement habitué. Il est donc permis de penser que ce clivage durera et qu’un changement de système ne sera plus seulement souhaitable, mais aussi nécessaire.

Il y aurait quelque chose de profondément drôle, si ce n’était dramatique, à voir notre Président Tartuffe parler d’éthique publique et s’agiter pour dénoncer les dépenses inutiles qu’il a lui-même largement contribué à créer.

Car en réalité, au-delà des beaux discours et des annonces tapageuses, chacune des mesures prises dans un vent de panique pour renouer avec les Français peut être opposée à une mesure précédente. Il souhaite la rigueur ? Bravo ! Il a considérablement grevé les finances publiques en augmentant les dépenses structurelles, comme l’a précisément noté le rapport de la Cour des comptes. Les « chasses républicaines » vont être arrêtées ? Bravo ! Il les avait lui-même réinstaurées. La Garden Party de l’Élysée va être mis en suspens ? Bravo ! Il avait créé une Garden Party bis du ministère de l’Intérieur pour faire la nique à Chirac. Quelques dizaines de millions vont être économisés avec des mesures de restructuration ? Bravo ! Il y a quelque mois il s’augmentait de 172 % et s’offrait un avion à 180 millions d’euros, dont le coût pour le contribuable sera de 20 000 € par heure de vol.

Par voie de conséquence les départs d’Alain Joyandet et Christian Blanc étaient inévitables. Non pas, comme on aurait pu naïvement le penser, suite à un renouement avec une conscience républicaine — celle-ci est oubliée — mais plus prosaïquement parce que quand le système s’auto-mutile, le plan de com’ saute donc les fusibles avec. Ainsi Nicolas Sarkozy avait prévu un remaniement en octobre, ce qui revenait à cautionner 5 mois de plus ses agissements et ceux de ses ministres. Ce n’est qu’en prenant la mesure de la contestation et en s’apercevant qu’il ne pouvait pas se permettre sans frais cette mansuétude à l’égard des siens qu’il a donc choisi de prendre le risque de lâcher du lest. Ce pourrait être enthousiasmant si ce n’était pas qu’un calcul : le risque pris, avec ces décisions, d’exposer Éric Woerth est semble-t-il moins coûteux que celui d’hypothéquer un deuxième mandat.

Peut-on décemment continuer à fonctionner ainsi et à centrer l’activité politique d’un pays entier, 65 millions de personnes, autour de la volonté, du plan de carrière et des accointances d’une seule personne ? Il est aujourd’hui urgent de faire renouer les citoyens avec les politiques. Ce renouement pourrait parfaitement prendre la forme de pactes, comme CAP21 y travaille, mais pourrait aussi prendre la forme d’une nouvelle République qui :

  • renforcerait réellement le Parlement, pour que les représentants du peuple puissent exercer un contre-pouvoir effectif au pouvoir exécutif ;
  • assurerait l’autonomie et les moyens d’exercice du pouvoir judiciaire. L’affaire Woerth souligne une fois de plus la nécessité de l’autonomie du parquet et le délabrement de la justice celui du manque de moyens ;
  • limiterait les pouvoirs du Président. La nation ne se retrouve pas dans une personne aux pouvoirs immenses qui n’agit que dans le sens de son clan, mais dans le respect de sa multitude.

Finalement les règles éthiques et morales tiennent jusqu’à présent surtout à des accords tacites, peu contraignants donc peu respectés, entre les citoyens et leurs représentants. Il est évident que ces règles doivent être consacrées par la loi, qu’il s’agisse notamment du conflit d’intérêt, comme de la pratique du lobbying ou encore de la nécessaire exemplarité des élus, en interdisant par exemple à un élu condamné pour des faits liés à l’exercice de son mandat de se présenter à nouveau à une élection. Cette volonté d’affirmer l’éthique en politique est d’ailleurs le sens de mon engagement au sein d’Anticor, l’association des élus et citoyens contre la corruption.

Une fois ces bases nécessaires à l’expression de la vertu posées, nous aurons le temps de voir venir.

Tribune

Jeudi 1er juillet se tenait une manifestation de soutien à Stéphane Guillon et Didier Porte devant la maison de Radio France. J’y étais présent, en compagnie notamment de militants et responsables de CAP21, tels Corinne Lepage, Bertrand Rio, Nathalie Tortrat, Olivier Arlès, Dominique Machuré, Estelle le Touzé, Gilles Lacan…

Au-delà des personnes et de leurs chroniques que chacun est libre d’apprécier, il s’agissait avant tout de dénoncer l’asservissement des médias par le pouvoir en prévision de la campagne présidentielle de 2012.

Le communiqué de CAP21 qui appelait à manifester :

Nicolas Sarkozy avait promis d’inscrire le pays dans une plus grande modernité en rupture avec ses prédécesseurs, la République allait devenir transparente et irréprochable.

Or en matière d’information et d’indépendance éditoriale, la France régresse sous les coups de butoir d’une Présidence omniprésente sur l’organisation de l’audiovisuel public ou les prises de contrôle des groupes de presse.

Qu’il s’agisse de l’extension du secret défense, de la tentative de prise de contrôle du Monde, de la mise en examen d’Augustin Scalbert, journaliste de Rue 89 pour recel dans l’affaire d’une vidéo du off de Nicolas Sarkozy sur France 3, de la nomination des patrons de l’audiovisuel public par le Président de la République ou de l’éviction des humoristes grinçants de France Inter (Stéphane Guillon et Didier Porte), la France s’éloigne de plus en plus des démocraties avancées d’Europe du Nord, véritables havres de liberté pour les journalistes. On pense en particulier à l’Islande dont le Parlement vient de délibérer pour créer « un paradis de l’information » qui protégerait les journalistes et leurs sources de toutes poursuites judiciaires en leur garantissant une large liberté d’expression.

Corinne Lepage et Cap21 participeront aux rassemblements prévus le jeudi 1er juillet à 18 heures, devant la Maison de Radio France à Paris et devant les antennes régionales de France Bleu en province.

Manifestations

Je me suis rendu à la Marche des fiertés en tant que délégué national de CAP21, en présence notamment de Marianne Buhler, présidente déléguée, Franck Parmentier, trésorier, Bertrand Rio, secrétaire général adjoint, mais aussi de Nathalie Tortrat, porte-parole en Seine-et-Marne.

Cette marche est une réponse pacifique et festive à tous les faits d’homophobie qui ont lieu chaque jour à tous les niveaux de la société. CAP21 s’est toujours engagé contre toute forme de discrimation et d’exclusion, comme le rappelait le communiqué appelant à manifester.

Manifestations

Le communiqué de CAP21 pour la deuxième manifestation sur la réforme des retraites :

CAP21 considère que le projet de réforme des retraites proposé par le gouvernement est socialement injuste et insoutenable. Non seulement il remet en cause le droit de partir à la retraite à 60 ans – lequel est fondamental pour les salariés qui ont débuté très jeunes leur vie professionnelle ou qui ont subi des conditions de travail pénibles – mais il conduit à faire peser l’effort de solidarité nationale quasi-exclusivement sur les classes moyennes et précaires.

De plus, CAP21 considère que cette réforme ne règle rien sur les moyen et long termes. Alors qu’il convenait de proposer une réforme du système qui soit à la fois structurelle (notamment l’unification de la trentaine des différents régimes d’assurance vieillesse), financière (par une baisse des cotisations sociales compensée par la fiscalisation accrue des revenus du capital, des très hauts-salaires ainsi que de la consommation) et globale (par l’intégration des problématiques liées à la dépendance et à l’assurance maladie des retraités, par le développement des complémentaires retraites d’économie sociale, par la considération des enjeux de l’emploi des séniors et des jeunes…), le Gouvernement se contente d’une « réformette » très en-deçà des attentes de nos concitoyens.

En conséquence, la mobilisation du 24 juin doit témoigner de notre refus de cette réforme et constituer une véritable démonstration de force pour avoir une chance de faire reculer le gouvernement. C’est la raison pour laquelle CAP21 appelle ses adhérents et sympathisants à participer dans chaque région aux manifestations syndicales de jeudi.

Actualité , Manifestations

La ressemblance m’a frappée aujourd’hui en lisant l’actualité de l’Équipe de France de football. Depuis des mois joueurs, staff, entraîneurs nous juraient la main sur le cœur que tout irait pour le mieux, qu’il fallait leur faire confiance, qu’il ne s’agissait que de petits réglages à effectuer et que la mayonnaise commençait à prendre. On nous assurait que le collectif – par ailleurs un très joli mot – était constitué de grands joueurs. Parallèlement à cela, dans la presse étaient relayées les défaites, que les mêmes faisaient presque passer pour des victoires, les débauches et les excès, qui derrière étaient assumés avec un « je m’en foutisme » assez odieux. Un groupe toujours grandissant pointait ces dysfonctionnement et, bien évidemment, passait pour des grognards. Après tout, c’étaient « nos Bleus », il fallait bien leur pardonner tant que nous pouvions garder l’espoir d’un rêve.

Photo flickr, license CC by striatic, http://www.flickr.com/photos/striatic/362062517/

Puis l’inévitable débâcle arriva et aujourd’hui nombreux sont ceux qui demandent des comptes, certains trouvant même indigne que le maillot national ait pu être confié à des « charlots » pareil. Cela pourrait paraître suprenant : ce qui était était accepté hier devient aujourd’hui insupportable. Ce qui a changé est pourtant très simple. La Coupe du monde a permis de mettre l’Équipe de France au pied du mur et de la confronter à sa réelle motivation et à ses mensonges. La seule chose qui permettait de mesurer concrètement notre espoir a provoqué l’effondrement de l’édifice de communication. Patatras, circulez, le rêve n’aura pas lieu1.

Alors j’ai remis tout cela en perspective avec l’affaire Karachi, l’affaire Clearstream, l’affaire Pérol, l’affaire Jean Sarkozy, l’affaire Bettencourt, l’affaire Tapie, la condamnation de Brice Hortefeux, les insultes et provocations du chef de l’État envers les citoyens, l’explosion de la dette, le bouclier fiscal, la réforme des retraites, le tiède Grenelle 2 etc. Du point de vue de la situation, nous sommes exactement dans une situation pré-Coupe du monde : personne n’ignore que tout ceci est indéfendable mais le gouvernement et sa majorité nous assurent que tout est normal, logique, va dans le bon sens et ils usent pour cela de tous les artifices de la communication.

Bien évidemment nous ne pouvons que savoir qu’il n’en est rien : quand d’un côté ils demandent notre confiance, de l’autre ils se permettent tout. Quand eux nous demandent des sacrifices, ils s’octroient des privilèges. Là encore, la raison pour laquelle l’indignation reste contenue est que pour le moment les Français gardent l’espoir d’un rêve.

C’est assez logique, ce rêve s’inscrit dans la dynamique de l’engagement qu’ils ont contracté aux trois dernières présidentielles : 15 ans de présidence RPR/UMP, cela pose l’engagement d’une nation. Ce qui nous amène à la question centrale : quel sera l’événement qui mettra ce gouvernement, cette majorité au pied du mur, qui exposera une fois pour toute ses mensonges ? Quel sera ce déclencheur qui brisera nécessairement l’espoir pour qu’une prise de conscience ait lieu ? Surtout, nous ne devons pas juste l’attendre, nous avous tous la responsabilité de l’identifier et d’essayer de le provoquer.

Car c’est à ce moment que les Français prendront conscience que le rêve promis n’aura pas lieu. Et ça, et là, on s’indignera à juste titre que la nation ait pu être confiée à un collectif de charlots pareil.

Alors, souhaitons-le, peut-être pourrons-nous enfin commencer à poser les bases d’un autre monde.

Notes :
  1. Il reste objectivement une chance infime que l’équipe de France continue mais le symbole est là. []
Tribune

L’appel de CAP21 à manifester à la marche des fiertés, le samedi 26 juin 2010 :

Parce que notre mouvement a toujours refusé toute forme de discrimination et/ou d’exclusion, les violences et agressions, notamment pour des motifs physiques, d’identité ou d’orientations sexuelles, ethniques, sociales, économiques, spirituelles ou d’état de santé, CAP21 participera à la marche des Fiertés le samedi 26 juin 2010 à Paris et sera notamment représenté par Marianne Buhler, présidente déléguée et Franck Parmentier, trésorier. Les adhérents sont invités à rejoindre le cortège à Montparnasse à partir de 14 heures.

Je serai présent.

Actualité , Manifestations

Ah ! Que n’y a-t-il eu suffisamment de polémiques concernant l’identité nationale. Voilà donc venue celle de « l’apéro saucisson pinard » à la Goutte-d’Or, événement organisé par une constellation de collectifs aussi douteux que le Bloc identitaire.

Tout d’abord, un aparté. Pour les moins parisiens des lecteurs, la Goutte-d’Or est un quartier du XVIIIe arrondissement de Paris où de nombreux habitants sont de confession musulmane. Cette présence nombreuse, ramenée au peu de mosquées de l’arrondissement1, fait que les prières du vendredi débordent régulièrement des lieux de culte sur la chaussée et la circulation se trouve bloquée pour permettre la prière. Cette situation où le religieux s’invite sur l’espace public crée des situations surréalistes et constitue de fait une transgression des principes républicains de laïcité. La situation a longtemps été tolérée par les autorités, faute de solutions et au nom de la paix sociale… que le modèle de laïcité est précisément censé garantir. Ce problème sera néanmoins résolu en 2012, avec la fin de la construction de l’Institut des Cultures d’Islam. Voilà pour le contexte.

Pour évacuer la question secondaire d’office : en soit, qu’y a-t-il de choquant à l’idée d’organiser un « apéro saucisson pinard » à la Goutte-d’Or ou ailleurs ? Rien, pour tout dire l’idée est même plutôt sympa. Mais il ne s’agit pas de cela dès le moment où cette idée est présentée comme sur le groupe facebook de l’apéro :

Parce que la rue Myrha et d’autres artères du quartier sont occupées, particulièrement le vendredi, par des adversaires résolus de nos vins de terroir et de nos produits charcutiers ;

On quitte donc l’esprit franchouillard et bon enfant pour entrer très clairement dans le champ de la revendication politique et nauséabonde, pour faire le choix d’un mot convenu faute de mieux. Il s’agit clairement de provoquer pour revendiquer. C’est en somme une technique politique assez classique qui vise à cliver sans avoir l’air de trop y toucher. En réalité, sur la forme, cela répond précisément aux mêmes mécanismes que le kiss-in de Notre-Dame.

Il serait aussi stupide de vouloir interdire à deux personnes qui s’aiment de s’embrasser que d’interdire à d’autres de déguster ce qu’ils veulent pour l’apéro, n’est-ce pas ? Oui, mais dès que l’acte est posé comme une revendication et qu’un adversaire est désigné, explicitement dans le cas de l’apéro ou symboliquement dans le cas du kiss-in, on a beau se draper de toutes les vertus, ce n’est plus innocent.

Car cela ne fait aucun doute, nombreux sont ceux parmi cet « adversaire » qui seront choqués par cette provocation. Pourquoi ne le seraient-ils pas ? C’est même le but : on annonce qu’ils sont le problème, on les provoque sur leurs valeurs et on prend l’opinion publique à témoin de leur réaction. Mécaniquement cette réaction se retrouve réduite à deux choix principaux : ne rien faire et, toute provocation bue, perdre symboliquement ; ou alors répondre à la provocation par la confrontation quitte à perdre médiatiquement.

En outre, et cela permet de mesurer la perversité de la démarche, dans l’hypothèse où les autorités interdiraient le rassemblement pour éviter d’avoir à jouer à « pile ou face » avec l’ordre public, il est possible pour les organisateurs d’accuser le gouvernement de complaisance avec ce qui est dénoncé.

Entendons-nous. Les habitants de la Goutte-d’Or, de quelque confession qu’ils soient, sont comme vous et moi. À part peut-être quelques irréductibles idiots2 et autres indiscrets, ils se moquent bien de savoir ce que leurs voisins prennent à l’apéro. Et quand bien même un apéro « saucisson pinard » se tiendrait spontanément dans la rue où ils habitent, ils n’iraient pas arracher violemment le saucisson des mains, pas plus qu’aujourd’hui des hordes de musulmans ne mettent à sac les charcuteries de la capitale.

Ce qu’il faut bien comprendre est que tout ce bon sens disparaît quand la forme choisie est celle de la provocation, avec un adversaire désigné. La confrontation souhaitée devient alors inévitable, le champ politique est durablement clivé, l’opinion publique est instrumentalisée et de chaque côté les extrêmes se nourrissent du conflit.

La provocation pour se compter, un bien bel ouvrage…

P.-S. : Quelques heures après la publication de ce billet la préfecture a très logiquement décidé d’interdire cette manifestation de provocation. Des militants dénoncent déjà sur les forums la complaisance du gouvernement.

Notes :
  1. Deux, la mosquée El Fath rue Polonceau, la mosquée Khalid Ibn Walid rue Myrha []
  2. Précisons, s’il en était besoin, que si les religions n’en sont pas exemptes elles ne détiennent aucune exclusivité dans ce domaine… []
Actualité

Nous, scientifiques, associatifs, responsables économiques et politiques, juristes, citoyens, affirmons notre attachement au développement constant du principe de précaution, base de tout progrès scientifique et moteur de la recherche et de l’expertise transparente et contradictoire dans une perspective de développement durable.

Nous nous élevons contre les tentatives de déformation, d’amalgame et de réduction qui rendent son application réelle inversement proportionnelle à son évocation. En effet, la confusion soigneusement entretenue entre prévention (des inondations, des effets des éruptions volcaniques ou problématique des vaccinations de populations) et précaution, et son assimilation abusive au principe d’abstention, permettent en réalité d’échapper à la discipline scientifique et éthique qu’il impose (par exemple la dissémination des nanotechnologies sans aucune traçabilité ni aucune étude sanitaire ou environnementale réglementaire obligatoire).

[...]

Lire la suite et signer la pétition « Nous avons besoin du principe de précaution » sur le site Cyber Acteurs.

Actualité

Photo flickr, licence CC by-nc-sa Palagret, http://www.flickr.com/photos/palagret/2214753933/

Un principe philosophique

Le principe de « données ouvertes » (dit OpenData) que l’on voit fleurir aux quatres coins du globe est un principe philosophique simple. Il part du constat que la société de la connaissance, rendue possible par le formidable développement des technologies de l’information — et donc d’Internet — ne peut exister que si chacun a la liberté de partager ses informations et y apporter son savoir et sa créativité. C’est par ces termes simples, qui sont autant d’implications profondes sur notre rapport au savoir et à la culture, que ce principe porte en lui le germe d’une nouvelle société.

En permettant à tous d’accéder librement aux données, de les récupérer, de les enrichir, de développer de nouveaux services les utilisant et de redistribuer à tous le résultat de leurs travaux, c’est un subtil déplacement de la valeur et du pouvoir qui s’opère. Ceux-ci ne se situent alors plus dans la capacité à constituer (souvent laborieusement) des bases de données, ou dans leur secrète possession, mais pleinement dans le traitement, l’exploitation – en bref, dans la création, l’analyse et l’innovation.

Une révolution démocratique

Dans le cas des données publiques, l’OpenData permet une véritable révolution démocratique. Les citoyens peuvent alors avoir accès facilement, où qu’ils soient, aux données que leurs impôts ont contribué à financer. Par ailleurs, un travail sur ces données peut leur permettre d’avoir les éléments pour juger d’une politique à mettre en œuvre, d’analyser l’efficacité d’une politique publique ou encore de développer des services. D’une certaine manière, en mettant à disposition de chacun le terreau pour participer suivant son temps et ses compétences à la création de biens communs, on plante la graine d’une société holiste.

Les collectivités, les institutions et les administrations en général sont toutes en possession d’une grande quantité de données publiques. Ce sont des ressources généralement difficilement accessibles et pourtant inestimables de par l’étendue des services et analyses qui peuvent en émaner. Par exemple, l’Assemblée nationale archive l’ensemble des compte-rendus de débat, des projets et propositions de loi, des amendements sur le site de l’institution… Or, c’est précisément parce que ces données sont mises à disposition et peuvent être réutilisées sans contrainte que le collectif Regards Citoyens a pu développer, à son tour, le site NosDeputes.fr, un service qui permet d’évaluer quantitativement l’activité parlementaire.

Ainsi, dans de nombreux pays, des organisations citoyennes et des entreprises se créent pour développer de nouveaux services et pour enjoindre gouvernements, collectivités, centres de recherche de mettre les données en leur possession à disposition et permettre leur libre réutilisation. Par exemple, c’est le cas en Angleterre avec l’Open Knowledge Foundation… La France, de son côté, accuse un retard certain.

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Trois piliers : l’accès, la standardisation et la réutilisation

Pour permettre cette évolution, il convient tout d’abord d’assurer un accès libre et non-discriminatoire aux données. Ce n’est que parce que tout un chacun peut y accéder que l’on crée les conditions de l’innovation. En France, l’erreur est souvent de vouloir valoriser ce patrimoine immatériel et donc de distinguer artificiellement des usages. Ceci a pour effet de segmenter, d’isoler et donc de freiner la création et l’innovation. C’est notamment l’erreur faite par la Ville de Paris dans sa délibération 2010 DAJ 18, adoptée légèrement amendée le 8 juin dernier qui distingue un usage « commercial » d’un usage « non-commercial ». En outre, de ces distinctions artificielles dérivent des insécurités. C’est ainsi qu’un citoyen ayant mis de la publicité sur son site peut être considéré comme faisant un usage commercial des données.

Ensuite, il convient de mettre les données à disposition dans le format le plus brut possible et standardisé afin de garantir l’interopérabilité. Ces conditions sont nécessaires pour permettre la réutilisation la plus large possible, automatiser le traitement des données par un service et faciliter l’enrichissement des données. Dans cette optique, et puisqu’ils découlent d’une philosophie similaire, les standards ouverts sont les seuls à même de répondre à ces conditions indispensables pour éviter de retomber dans le traitement laborieux de l’extraction de l’information avec là, un document scanné qu’il convient de resaisir à la main pour en extraire les données, ici un fichier Excel qu’il convient de convertir dans un format ouvert, de l’autre côté un PDF…

Finalement, il convient d’autoriser la réutilisation, donc l’enrichissement des données. À New-York, des services ont été développés permettant aux automobilistes de choisir le chemin le plus rapide et le moins pollué. Ils font appel à trois sources principales de données : les données cartographiques, les données de trafic et les données de pollution. Le mélange des données et leur enrichissement permet donc de donner naissance à des services complexes, qui seraient autrement impossibles à réaliser.

Un enjeu politique

Imposer aux collectivités, aux institutions et à l’administration en général de mettre à disposition sous forme de « données ouvertes » les données publiques en leur possession s’inscrit donc dans le sens d’une révolution démocratique où l’information et le pouvoir d’évaluation et d’analyse est rendu au citoyen. Cette révolution démocratique où l’information est rendue à son légitime propriétaire, le peuple, amènera inévitablement à l’émergence d’un savoir partagé et de nouveaux services centrés sur l’innovation. Ce sont ces savoirs et ces services qui permettront la création d’une véritable société de la connaissance dont nous commençons tout juste à entr’apercevoir l’étendue des possibles.

Cette révolution pourra se faire à la condition expresse que les politiques abandonnent l’idée de propriété des informations publiques, véritable source de pouvoir, qui les amène à soit vouloir les garder secrètes ou en tout cas difficilement accessibles, soit à vouloir tirer profit de leur publication. Pour cela, il est nécessaire d’avoir la vision d’une société où la connaissance, libre, appartiendrait à tous, car c’est un préalable indispensable pour que s’impose la volonté politique de la mettre en œuvre. Un long chemin et beaucoup de pédagogie restent à faire…

Pour en savoir plus :

Dossiers , Libertés numériques