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Le blog de Pierrick Prévert

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Photo flickr Cyril Plapied CC by-nc-sa

Quelques réflexions jetées, au vu de l’actualité sur le slogan du « made in France » lancé par François Bayrou. Cette proposition reprise de part et d’autre vise à adresser un problème : celui de la baisse de la production nationale. Cette baisse a pour effet d’entraîner une hausse des importations et une diminution des emplois en France, donc d’aggraver le déficit commercial. Pourtant cette approche de la production française est incomplète et inadaptée car elle ne traite le problème que d’un point de vue économique, alors qu’avec les écologistes et Corinne Lepage nous proposons une solution complète et cohérente.

En effet, cette approche part du postulat que si l’économie va bien, alors on aura éventuellement les moyens de faire du social, d’améliorer les conditions de vie et de prendre en compte les contraintes environnementales. Cela hiérarchise donc l’économie comme valeur première, et le social et l’environnement comme valeurs secondaires, sinon tertiaires.

C’est notamment à cela que l’on reconnaît ceux qui n’ont toujours pas intégré l’écologie et son rôle social, et ne la conçoivent qu’à travers des mesurettes de programme. Car depuis des années, l’écologie politique a résolu ce problème : au lieu de penser en terme de territoire national et de n’aborder le problème que sous un angle purement économique, il faut en effet l’approcher sous ses trois dimensions — économique, sociale, et environnementale — toutes égales par ailleurs.

Le véritable enjeu n’est donc pas de produire en France mais de « penser global, agir local », principe vieux de plus de trente ans. Et plus précisément dans ce contexte « penser global, produire local », donc de se baser à la fois sur les circuits courts et la relocalisation, c’est à dire à la fois le rapprochement des bassins de production et de ceux de consommation mais aussi la diminution du nombre d’intermédiaires. Cela aura pour effet de créer des emplois près des lieux de vie, donc effectivement principalement français, mais aussi de réduire les transports donc la pollution et les gaz à effet de serre, et ce tout en baissant le coût des marchandises ! C’est le meilleur arbitrage possible. Car si produire à Calais pour consommer 1150 km plus loin à Perpignan, par exemple, ne pose aucun problème aux défenseurs du « made in France », cela n’intègre ni le problème social ni le problème environnemental : il faut penser global et agir local.

Finalement, on pourrait s’interroger sur les réelles motivations de ceux qui souhaitent relancer la production en France, tout en professant la construction ou le renouvellement des centrales nucléaires. De fait, par le caractère nécessairement exclusif du nucléaire, cela bloque le développement de la filière des énergies renouvelables alors que la France est le premier pays d’Europe en terme de potentiel dans le domaine. Arrêter la construction de nouvelles centrales — dont l’EPR de Flamanville — permettrait effectivement de faire basculer les investissements vers la création d’une nouvelle filière industrielle à forte capacité d’innovation qui serait créatrice d’emplois non délocalisables, pour un volume quasiment égal à ceux perdus dans l’industrie depuis 2007 (~350 000) et pour un coût final au consommateur identique, sinon moins cher que le nucléaire. Le tout sans créer de déchets dangereux dont on ne sait que faire, sinon les enterrer en espérant découvrir ce que l’on pourrait en faire un jour.

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