CAP21 appelait à manifester hier, jeudi 27 mai, pour une autre réforme des retraites. Le trajet de la manifestation organisée par les syndicats était Denfert Rochereau – Place d’Italie – Bastille. J’y suis donc allé, en tant que militant et représentant de CAP21.
Si la mobilisation était plus faible que lors des manifestations exceptionnelles de 2009 (2,5/3 millions de manifestants en 2009, 1 million cette année) ceci tient certainement à une lassitude et au fait d’une météo peu clémente. Cette mobilisation reste tout de même la plus importante depuis le début de l’année.
L’appel de CAP21 :
Dans cette période ou rigueur et réforme des retraites sont à l’ordre du jour, c’est une exigence de justice sociale qu’il faut exprimer.
Comme le soulignent les organisations syndicales, le maintien de la défiscalisation des heures supplémentaires joue contre l’emploi ; la loi Tepa, en particulier le bouclier fiscal privent l’État et la Sécurite Sociale de ressources nécessaires pour financer les politiques en faveur de l’emploi et de la cohésion sociale.
La réduction des déficits publics rend plus que jamais nécessaire une refonte de la politique fiscale pour la rendre plus juste, plus redistributive et vertueuse sur le plan écologique.
Le document d’orientation sur la réforme des retraites qui vient d’être rendu public par le gouvernement laisse par ailleurs entrevoir des solutions injustes et pointe des situations inégalitaires dans notre système de retraite. La mobilisation est essentielle pour aboutir à une réforme qui réduise véritablement ces inégalités et assure aux générations futures le financement de leur retraite.
CAP21 encourage ses adhérents à participer aux rassemblements du 27 mai pour exprimer cette exigence de justice sociale et refuser une reforme qui serait baclée et non le fruit d’une concertation approfondie.




Le Parisien rapporte ce jour que la société ACADOMIA, chef de file français du soutien scolaire à domicile, 





Ce départ était donc patent et laissait d’ailleurs largement le temps au 133bis d’organiser la « riposte ». Rien de bien surprenant malheureusement. Une riposte désormais classique, qui consiste à tenter de décrédibiliser celui ou celle qui s’en va pour minimiser l’impact de son départ et de sa contribution. Cela permet d’une part de mettre les échecs en sourdine et, d’autre part, de créer une cohésion de groupe. En d’autres temps les chasses aux sorcières avaient aussi cet effet.










Congrès CAP21 : ça fait même rêver !
Qui aurait fait le pari il y a encore un an que CAP21 prendrait finalement la décision de devenir un parti autonome ? Ou même il y a 6 mois ?
Même parmi les plus fins analystes, peu s’y seraient risqués. On pouvait deviner un souhait, peut-être même un désir des adhérents puis de notre Présidente, Corinne Lepage. Mais pouvait-on être assuré de la volonté collective, d’une telle écrasante majorité ? Sans doute pas.
Cette question à elle seule montre l’importance symbolique de ce qui s’est joué aujourd’hui au congrès de CAP21. En votant le départ du MoDem, avec seulement 10 voix contre (pouvoirs compris), c’est un moment fondamental de l’histoire de CAP21, une nouvelle page, que nous avons contribué à écrire.
Nous sommes en effet depuis ce jour, par la simple force de volonté des adhérents, un mouvement politique écolo-démocrate autonome, doté de statuts souples d’inspiration confédérale, d’une réelle perméabilité avec la société civile et les autres formations. Et ça, ce n’est pas rien.
Alors, bien évidemment, se sont posées les questions qui auraient pu fâcher, mais des réponses très pragmatiques ont été apportées par les débats.
Comment ne pas abandonner, avec cet adoption statutaire, nos amis qui sont aussi membres du Mouvement Démocrate ? Tout simplement en défendant l’esprit d’ouverture et de responsabilité, avec l’autorisation pour un an d’une double-adhésion CAP21 – MoDem. Ainsi, au moins à CAP21, chacun pourra faire comme il l’entend.
Ou encore, quelle position adopter face à la construction et aux dissensions d’Europe-Écologie ? Là aussi, très simplement : en tant que force politique écolo-démocrate autonome, il nous appartient d’assumer pleinement notre responsabilité et de mettre en place, sans a priori, une véritable plateforme de discussion politique. Et ça non plus, ce n’est pas rien.
Mais, trêve de « cuisine interne » ou entre partis qui, si elle a son importance pour la suite, n’intéresse que très marginalement ceux qui attendent des réponses pragmatiques aux problèmes sociaux, écologiques et de confiance démocratique qu’ils subissent.
Nous avons donc aussi — et, j’ai envie de dire, surtout — longuement travaillé sur les élements d’un pacte CAP21. Les travaux vont continuer mais ce qui est certain c’est qu’en l’état je ne connais pas de formations politiques à proposer un tel changement. C’est pourtant un changement nécessaire qui est transversal à l’économie, l’écologie, à la citoyenneté et au social. Un changement très profond, que j’appelle de mes vœux.
Car il ne s’agit pas seulement, comme beaucoup de partis s’en contentent, d’améliorer l’existant. Il s’agit en réalité de se donner les moyens de construire tous ensemble, politiques, société civile, citoyens, un autre modèle de société plus transfiguré encore qui sera à la fois écologique et démocratique. Et ça encore, ce n’est pas rien.
Pour tout vous dire, ça fait même rêver !
Photo flickr, licence CC-by-nc-sa gonzalo_ar.