Carnet public

Le blog de Pierrick Prévert

Qui aurait fait le pari il y a encore un an que CAP21 prendrait finalement la décision de devenir un parti autonome ? Ou même il y a 6 mois ?

Même parmi les plus fins analystes, peu s’y seraient risqués. On pouvait deviner un souhait, peut-être même un désir des adhérents puis de notre Présidente, Corinne Lepage. Mais pouvait-on être assuré de la volonté collective, d’une telle écrasante majorité ? Sans doute pas.

Cette question à elle seule montre l’importance symbolique de ce qui s’est joué aujourd’hui au congrès de CAP21. En votant le départ du MoDem, avec seulement 10 voix contre (pouvoirs compris), c’est un moment fondamental de l’histoire de CAP21, une nouvelle page, que nous avons contribué à écrire.
Nous sommes en effet depuis ce jour, par la simple force de volonté des adhérents, un mouvement politique écolo-démocrate autonome, doté de statuts souples d’inspiration confédérale, d’une réelle perméabilité avec la société civile et les autres formations. Et ça, ce n’est pas rien.

Alors, bien évidemment, se sont posées les questions qui auraient pu fâcher, mais des réponses très pragmatiques ont été apportées par les débats.
Comment ne pas abandonner, avec cet adoption statutaire, nos amis qui sont aussi membres du Mouvement Démocrate ? Tout simplement en défendant l’esprit d’ouverture et de responsabilité, avec l’autorisation pour un an d’une double-adhésion CAP21 – MoDem. Ainsi, au moins à CAP21, chacun pourra faire comme il l’entend.
Ou encore, quelle position adopter face à la construction et aux dissensions d’Europe-Écologie ? Là aussi, très simplement : en tant que force politique écolo-démocrate autonome, il nous appartient d’assumer pleinement notre responsabilité et de mettre en place, sans a priori, une véritable plateforme de discussion politique. Et ça non plus, ce n’est pas rien.

Mais, trêve de « cuisine interne » ou entre partis qui, si elle a son importance pour la suite, n’intéresse que très marginalement ceux qui attendent des réponses pragmatiques aux problèmes sociaux, écologiques et de confiance démocratique qu’ils subissent.
Nous avons donc aussi — et, j’ai envie de dire, surtout — longuement travaillé sur les élements d’un pacte CAP21. Les travaux vont continuer mais ce qui est certain c’est qu’en l’état je ne connais pas de formations politiques à proposer un tel changement. C’est pourtant un changement nécessaire qui est transversal à l’économie, l’écologie, à la citoyenneté et au social. Un changement très profond, que j’appelle de mes vœux.
Car il ne s’agit pas seulement, comme beaucoup de partis s’en contentent, d’améliorer l’existant. Il s’agit en réalité de se donner les moyens de construire tous ensemble, politiques, société civile, citoyens, un autre modèle de société plus transfiguré encore qui sera à la fois écologique et démocratique. Et ça encore, ce n’est pas rien.

Pour tout vous dire, ça fait même rêver !

Photo flickr, licence CC-by-nc-sa gonzalo_ar.

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