Carnet public

Le blog de Pierrick Prévert

Ainsi, ce score est celui de l’écologie politique en Île-de-France au premier tour des élections régionales. 12,18 % au niveau national. Un score qui était encore inimaginable il y a encore un an. Un score qui montre la volonté des électeurs d’une alternative au simplissime productivisme, pourtant encore défendu par les deux premières forces du pays. Mais c’est aussi un score qui imprime durablement la marque de l’écologie politique en tant que troisième force politique du pays.

Cette campagne de premier tour aura été longue, fatigante et dure. Le message politique relayé s’est résumé aux petites phrases, à la photo de Valérie Pécresse assoupie en Conseil régional et à ce que l’on appelle désormais « l’affaire Ali Soumaré ». Dur dans ce contexte de faire entendre un programme structuré, cohérent mais plus que jamais nécessaire pour amorcer la conversion écologique de la région. Au milieu de tout cela, cette campagne aura aussi montré la chute lourde, mais attendue et d’une certaine façon assez triste, d’un Mouvement Démocrate incohérent qui, en suivant une stratégie désastreuse dictée par un seul homme, s’est éloigné des français.

J’ai fait campagne avec beaucoup de bonheur et d’enthousiasme auprès de mes colistiers Robert Lion, Emma Cosse, Augustin Legrand, Laure Lechatellier… Un atelage improbable et pourtant Ô combien cohérent, qui a à cœur de créer une réelle prise de conscience régionale, une unité francilienne porteuse d’une réelle solidarité entre les territoires, avec notamment avec la tarification unique pour les transports, le tout dans une région dont la conversion écologique va être amorcée, avec 20 % d’agriculture biologique d’ici 2020, la réhabilitation de l’isolation thermique et phonique de 200 000 logements, le fait que la région ne travaillera plus avec des banques qui ont des filiales dans les paradis fiscaux…

Toutes ces raisons m’amènent à remercier l’ensemble des électeurs qui ont voté au premier tour pour la liste Europe-Ecologie en Ile-de-France sur laquelle j’étais candidat. Le ministère de l’intérieur indique que cela représente 479047 merci. Ca fait beaucoup, mais il va falloir s’y faire : après la création d’un véritable arc écolo-démocrate que j’appelle de mes vœux, ce sera encore plus.

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Lundi 8 mars dernier j’accompagnais Corinne Lepage à Strasbourg, pour visiter à la fois le Parlement européen à Strasbourg et assister au meeting d’Europe-Ecologie Alsace. Dans le TGV, l’ambiance était studieuse, à finaliser le discours du soir et préparer la plénière de la semaine. Avec Corinne, Eric et François nous étions aussi accompagnés d’un photographe, Antoine Doyen, et d’une camerawoman, Maxence, pour couvrir une journée d’activité parlementaire.

Arrivés à Strasbourg, nous avons à peine eu le temps de déposer nos affaires à l’hôtel que nous nous sommes dirigés au Parlement où une réunion du groupe ALDE allait avoir lieu, préalablement à un vote en plénière. Premières impressions : le Parlement européen est un lieu vraiment spécial, entre hall d’aéroport et administration, sans cesse bouillonnant, où de bureau en bureau l’on entend l’ensemble des langues européennes – avec, bien évidemment, la langue anglaise dominante.

A peine Corinne sortie du vote, François et Florent, ses assistants, ont déroulé son agenda et calé les derniers éléments avec elle pour la semaine à venir. Au détour d’un couloir nous avons croisés les membres des Greens et aussi Jérémie, porte-parole de La Quadrature du Net, avec qui nous avons organisé la signature de la déclaration écrite, initiée par Françoise Castex, Alexander Alvaro, Stavros Lambrinidis et Zuzana Roithová, de demande de transparence sur l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement).

Après un après-midi à aller de bureaux en bureaux et marcher dans les couloirs, nous avons rejoint Jacques Fernique, Daniel Cohn-Bendit, Antoine Waechter, Sandrine Bélier et alii à la conférence de presse préalable au meeting Europe-Ecologie Alsace, qui se tenait au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg. La conférence de presse s’est déroulée sans accroc et c’est à la fin de celle-ci, dans la bousculade avec les journalistes, que Dany a interpelé Corinne devant les caméras et micros, pour échanger sur sa position et l’importance d’être avant tout loyale à ses idées. Une image significative, aux implications profondes, qui a été largement reprise dans les médias.

Le meeting a été un des plus beaux meetings auquel il m’a été donné d’assister et pourtant, j’en ai vu quelques uns. Avec un a priori négatif, la salle étant somme toute assez froide, vaste, avec des ilôts de sièges bien séparés et chaque personne assez éloignée de son voisin bien installée dans de gros sièges confortables. Aussi, le déroulé était au début assez balbutiant. Mais, loin des grandes messes traditionnelles à l’euphorie fabriquée, au final ce meeting aura été émouvant et hautement symbolique, en ce qu’il rassemblait en un même lieu les « fondateurs » de l’écologie politique en France : Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage et Antoine Waechter.

L’intervention de Corinne a d’ailleurs été admirable, un discours millimétré, très applaudi. Aussi, quand José Bové a lancé les applaudissements pour Corinne et l’a interpellée à sa descente de la tribune pour lui dire « très bien ton discours », il n’y avait plus aucun doute : à Strasbourg, ce soir, il se passait vraiment quelque chose.

A peine le temps de dîner, dormir un peu et le lendemain matin Corinne recevait un groupe d’étudiants pour leur présenter les activités du Parlement. Après un point photo sous les drapeaux du Parlement, les étudiants l’ont interrogé sur des sujets aussi variés que le traité de Lisbonne, le rôle joué par le Parlement européen à Copenhague, l’absentéisme des parlementaires, mais aussi sur le vote du matin et le côté « auberge espagnole » du Parlement.

Tout de suite après, nous nous sommes rendus à une conférence de presse à laquelle participait Corinne, en présence notamment de Michèle Rivasi, pour un appel à la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion déplorable, par l’Union européenne, de la grippe H1N1. Avant la fin de la conférence de presse, Corinne a dû s’absenter pour courir voter en hémicycle.

Une fois le vote effectué, nous avons finalement déjeuné et fini par un court debrief de ces 24h sans réel repos au Parlement, avant de rentrer sur Paris afin de continuer, pour ma part, la campagne pour les régionales.


Photos : Antoine Doyen

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En tant que CAP21, ce choix n’a pas été simple : après de longs débats internes, la décision de ne pas conclure d’accord régional avec Europe-Ecologie s’est imposée. Nous avons été un petit nombre à le regretter : Estelle le Touzé, Nathalie Tortrat, Véronique Habrias et moi-même, conscients que nous sommes que l’avenir de l’écologie politique se joue là, à ce moment, pendant cette élection, conscients aussi que, si certains d’entre nous y avaient cru, le MoDem ne peut être le vecteur d’une transformation écologiste et humaniste du paysage politique. Un arc écolo-démocrate doit se créer, il se créera pendant ou à l’issue de cette élection. Il convient alors de tisser des liens, faits d’hommes et de femmes.

Nous avons donc déposé nos candidatures à titre individuel, au nom de nos engagements associatifs distincts (pour ma part, au nom du combat que je mène pour les libertés numériques) et nous avons été accueillis – en positions non-éligibles certes, les positions éligibles ayant été déjà attribuées. Aussi, bien sûr, nous pouvons regretter l’absence d’accord entre CAP21 et Europe-Ecologie, notamment dûe à des cafouillages internes à CAP21 et à une volonté d’ouverture incomplète d’Europe-Ecologie en Ile-de-France, quand bien même aucun problème de cet ordre ne se posait dans d’autres régions, ou tout simplement en Ile-de-France pour s’ouvrir à des candidats communistes.

Mais l’important n’est pas dans les places, éligibles ou pas, ni dans l’absence d’accord. Le plus important est qu’aujourd’hui, je suis persuadé que nous avons fait le bon choix : celui de vouloir poser les fondations de la maison commune de demain.

Estelle le Touzé : 8e dans le 93
Nathalie Tortrat : 8e dans le 77
Pierrick Prévert : 17e dans le 75
Véronique Habrias : 10e dans le 92

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